La Polonaise – Cette Immigrée Qui A Evité Un Second Oradour

De Alain MICHALAK:

10 juin 1944 : le plus important massacre nazi en Europe de l’Ouest fait 642 victimes à Oradour-sur-Glane. Mais voici un fait méconnu : au même moment, une seconde commune, Saillat, aurait dû rejoindre Oradour dans l’horreur.

Partie à la même heure de Saint-Junien, une autre compagnie SS de la « Das Reich » a elle aussi une terrible mission de mort à accomplir. À sa tête le lieutenant KLEIST de la Gestapo de Limoges, épaulé par 7 miliciens spécialistes de la traque des résistants. Son ordre : fusiller le directeur de la papèterie de Saillat ainsi que les 150 ouvriers au prétexte que 75 d’entre eux sont des résistants. Les SS sont déterminés à accomplir leur mission. Dès leur arrivée ils encerclent la papeterie et abattent un homme.

Pourtant, ces SS dressés à obtempérer et à tuer repartent vers 19h00 sans avoir exécuté leur ordre. Pourquoi ont-ils désobéi à Saillat ?

Parce qu’une immigrée polonaise fait preuve d’un culot incroyable. Appelée par KLEIST qui veut l’interroger, elle livre un duel verbal acharné pour le convaincre de l’innocence du directeur et de l’absence de résistants dans le village. Ils sont pourtant très nombreux et parmi eux, son mari Léon, caché au même instant dans la papeterie.

Si cette journée dramatique est le cœur de ce livre, il est indispensable de la replacer dans son contexte historique. C’est pourquoi l’auteur retrace le long périple de ses ancêtres qui ont traversé trois guerres. Ils naissent dans une Pologne occupée, vivent la Grande Guerre 14/18 dans des circonstances étonnantes, puis la guerre polono-russe. Arrivés dans le nord de la France fin 1928, ils fuient à l’arrivée des troupes allemandes et s’installent provisoirement à Saillat.

Au cours de ses longues recherches pour reconstituer cette histoire, l’auteur découvre avec stupéfaction l’étrange secret concernant la guerre 14/18, que par prudence, son grand-père a caché à sa famille jusqu’à la fin de ses jours…

Ce livre est aussi un hommage aux soldats polonais qui se sont battus aux côtés des français au cours des 2 guerres mondiales ainsi qu’au réseau de résistance P.O.W.N auquel appartenaient Henri et Léon ORLOWSKI, le fils et le mari de la Polonaise. L’historienne Janine PONTY, spécialiste des polonais de France, dénombre 18.000 résistants actifs au moment du débarquement. C’était la deuxième plus importante organisation de résistance contre l’occupant allemand en France. Environ 5.000 Résistants polonais tomberont au combat ou seront déportés. Leur devise était : « Pour notre liberté et pour la vôtre ». L’amitié Franco-Polonaise est ancestrale…

Tous les personnages de ce livre ont existé. Tous les faits relatés sont authentiques et étayés par des preuves.

Commentaire:

L’histoire est une de mes passions…

Au travers du destin de cette famille polonaise, j’ai pu apprécier de revivre toutes ces aventures. Et il y en a eu…

De la première guerre mondiale, jusqu’à l’arrivée en France, focus sur des évènements pas forcément connus.

Quelle est la contribution de cette femme au fait que le village Saillat n’ait pas été rasé comme Oradour. Même si des éléments sont avancés par son petit-fils, il restera toujours une part de mystère et quelques questions sans réponse. Notamment, pourquoi une unité d’élite de la Das Reich s’est écartée de ses ordres.

Un bon moment de lecture, sur les plages des vacances.

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